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fille du sporting

  

 

Théâtre • 1h

 

La fille du Sporting, c'est Gisèle. Gisèle a toujours vécu au Sporting, le bistrot familial. Depuis toute petite, c'est son seul univers.
Un jour, un Oiseau de Passage débarque au Sporting, c'est comme ça qu'elle appelle les clients qu'elle n'a jamais vu, ses préférés.
Il est spécial, celui-là. Il s'installe, commande une bière... et se met à dessiner... des nuages !
À partir de là, Gisèle va changer. Terriblement...

 

 

 

 

 

Texte François Chanal
Avec
en alternance
Danièle Rétif
- mercredi, vendredi, samedi
Elisabeth Saint-Blancat
- dimanche, lundi, mardi

Création lumières Patrice de Saint-Jean
Paysages sonores
Marc Lauras

 

Mardi 5 juin 2 05 /06 /Juin 10:44

 

Gisèle a définitivement la tête dans les nuages. Gisèle ne quitte guère sur les nuages des yeux. Elle a de bonnes raisons pour cela. Gisèle aimerait nous dire tout ce qu'elle sait sur les nuages. Gisèle voudrait tant nous parler. Mais nous sommes comme les autres, nous ne l'écoutons pas. Et nous avons tort. Nous aurions nous aussi tant besoin d'altitude, certains jours !

Et pourtant Gisèle n'est bien sûr pas la seule à vivre les yeux au ciel...

 

nuages bl

 


« Lui, ce jour-là, les yeux levés, à considérer vaguement les nuages et leur assemblage dans le bleu, à leur trouver d’habituelles ressemblances qui sans doutes sont celles dont parle un poète, une apparence de chameau, de belette ou plutôt de baleine, tout cela se mêlant selon le vent faisant et défaisant les contours, unissant et dissociant tout à tour les masses blanches, croisant toutes ces espèces célestes pour en faire naître un peuple merveilleux de monstres légers, fantômes de formes soufflées vers le lointain. Se demandant de quoi cela pouvait bien avoir l’air lorsqu’on le regardait d’en haut, glissant entre des paysages impossibles comme si le monde s’était tout à coup renversé, avec la terre désormais qui prend l’allure d’un mirage distant sous le soleil. »

Philippe Forest , Le siècle des nuages, Gallimard 2010

Par lafilledusporting
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Vendredi 1 juin 5 01 /06 /Juin 09:57

 

Au bistrot  

 

 

Mais où est-il ? Je ne vois plus sur cette place que des agences bancaires et des boutiques de prêt-à-porter. Il ne lui aura fallu que trois ans pour disparaître. Le dernier verre que j’ai pris dans cette ville, c’était là, bien sûr et il m’est resté en mémoire : un petit chablis bien frais. C’était le lieu de tous les rendez-vous, de toutes les rencontres. Et parfois des derniers recours : les dimanches après-midi de pluie et d’ennui, on était quasiment sûr d’y retrouver quelqu’un de sa connaissance. Je me souviens que l’un d’entre nous avait émis un jour l’idée d’en écrire la chronique : encore un rêve que le temps a emporté… Il y avait des glaces un peu ternies, de longues banquettes de moleskine et un plafond peint, bruni par des décennies de fumée de cigarettes. On y distinguait pourtant des allégories : les quatre saisons, les travaux et les jours, ce plafond parlait du temps qui passe, murmure inaudible dans le brouhaha de nos conversations. Il aura fallu sa disparition, il aura fallu ma très longue absence pour qu’enfin je le perçoive.

Par lafilledusporting
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Mercredi 30 mai 3 30 /05 /Mai 10:01

 

 

 

"La sacoche, le carnet avec les notes, le carnet avec les dessins, il s’est installé, a commandé une bière, plongé dans ses gribouillages. C’est joli, j’ai dit en décapsulant sa bouteille. Il a rigolé gentiment : les schémas si je ne les fais pas tout de suite après j’oublie. Qu’est-ce que c’est ? Des nuages. C’est compliqué, j’ai dit. Je vous expliquerai, d’accord ? Je n’ai rien répondu : je regardais son sourire."

 


 

"Je m’étais dit que je lui dirais que je ne rêve plus. Jamais. Plus de rêve à raconter. Plus de rêve. Et qu’on ne vienne pas me dire que j’en fais mais que je ne m’en souviens pas ! Parce que de la mémoire, j’en ai. Trop. Beaucoup trop !"

 

 

 

"Ceux qui vont me manquer, ce sont les oiseaux de passage… Ceux qu’on n’a jamais vus, ceux qui entrent juste parce qu’il pleut, qui viennent attendre quelqu’un, ou qui font semblant d’attendre quelqu’un… Au début, ils se tiennent tranquille, mais ça ne dure pas : bientôt, ils ne savent plus où poser le regard, ni quoi faire de leurs mains."

Par lafilledusporting
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Mardi 29 mai 2 29 /05 /Mai 16:17

 

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Courtes histoires entendues dans un bistrot:

 

        J’attends. Enfin, à cette heure-ci, je n’attends plus. Meetic ? Non, je l’ai rencontrée avant-hier, à un pot de la boîte, elle est intérimaire, elle remplace la grande Bea, de la compta, qui est en congé-maternité, je ne l’avais jamais vue avant. Elle s’emmerdait un peu, à ce pot, elle ne connaissait pas grand-monde. On a sympathisé. Et puis rendez-vous ici, maintenant, enfin pas maintenant : il y a deux heures ! Bon, c’est foutu. Assieds-toi, prends quelque chose. Non non, c’est pas grave. Enfin si, un peu : je ne suis pas dans mon assiette ces jours-ci, un rien me contrarie. La solitude ? Chais pas. Jusque là, j’aimais bien. Enfin j’aimais bien la liberté, les trucs comme ça… Comme ça, quoi, qu’est-ce que tu veux que je te réponde, comme… la liberté, voilà. Tu sais quoi ? On devrait se prendre une bonne cuite, tous les deux ! Patron ! Ah non ? Pas partant pour la cuite, tu bosses demain, OK. Décidemment, aujourd’hui, tout le monde me lâche.

 

 

          Putain, le cognac, c’est fort ! J’ai plus l’habitude. C’est parce que j’ai voulu prendre la même chose que toi. C’est pas souvent que deux nanas s’allument au cognac, non ? Mais bon, ça s’arrose. Bon d’accord, c’est pas une surprise, c’est pas un scoop : je me suis mise avec Jean-Louis. Depuis le temps qu’on se rendait service, quoi, on a fini par se dire que ce serait pas plus mal si on se mettait ensemble.

Par lafilledusporting
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Jeudi 24 mai 4 24 /05 /Mai 10:44

 

Gisèle, la fille du Sporting est sur le point de parler de ce qui a détruit son enfance et qui a fait de sa vie ce qu'elle est. Mais ce n'est pas facile, alors elle fait diversion, elle diffère le moment des aveux en évoquant le personnage d'Igor. Nous le supprimerons sur le plateau, nous apercevant que le passage qui lui est consacré alourdit singulièrement le propos et casse la dynamique de la scène.

 

Avant que le père rentre et claque la porte, j'ai entendu l'homme aux nuages commander un demi et je t'ai entendu, toi, René, lui répondre qu'il n'y en a pas. Tu aurais mieux fait de dire il n'y en a plus parce que de la pression, il y en a eu.

C'était à cause d'Igor, représentant de chez Blachon, vins, bières et spiritueux et surtout rigolo autoproclamé : chez Blachon, tout est bon, le vin est fin, la bière est fière et pour les spiritueux, c'est ce qu'il y a de mieux ! On y avait droit une fois par mois.

Une fois par mois, c'est encore supportable, non, mam'selle Gisèle ? A peine, m'sieur Igor.

Dites pas encore qu'Igor a tort, mam'zelle Giséle !

Z'avez pas un bic ?

Il avait toujours le carnet de commande à la main, les bordereaux, le carbone, la calculette pour la TVA et tout, mais jamais le stylo. On lui prêtait un stylo qu'il ne rendait jamais. Un collectionneur, Igor ! Qu'est-ce que je vous mets ?

Comme d'habitude, tu répondais.

Ah mais c'est que là, les beaux jours arrivent, et les chaleurs avec : faut du désaltérant. J'ai une affaire, tarif d'ami, douze chopes en grès en prime, et la pompe, c'est cadeau, je vous la laisse pour rien. Vous payez juste les quatre tonnelets ; pour commencer.

C'est comme ça qu'on a eu de la pression. Que presque personne n'a bue : ils en sont restés aux petits blancs le matin et aux grands rouges l'après-midi. Un peu limés, les rouges : une concession à l'été, c'est tout. Et les rares clients qui prenaient de la bière se méfiaient de ce qui n'était pas capsulé. La Veuve Blansec a dit : “ la mousse, ça pousse. Où ça pousse ? Dans le gouffre ! ” Ca lui faisait long, comme phrase, elle a fini presque asphyxiée.
Bref, le mois suivant, Igor a remballé le matériel : fini la pression.

Par lafilledusporting
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DU 4 AU 20 JUIN    

Théâtre des Clochards Célestes logotcc - Copie 

51 rue des Tables Claudiennes    

Lyon 1er                               

 

lundi à 19h

mardi, mercredi, vendredi et samedi à 20h

dimanche à 17h

Réservation :

04 78 28 34 43

billetterie@clochardscelestes.com

Tarif : 14€ / 11€/ 7€

lundi tarif unique à 7€


Scan 2

 
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